Bienvenue

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Salut à tous,

Je me présente, je m'appelle Sandrine
J'ai déjà un blog surt Sky, il parle exclusivement d'Ed Speleers, j'y met des infos, des photos, des créations... Je ne parle que de lui dans tout ce que je fais de mieux^^
Je su
is en contact avec des gens proches de lui, des professionnelles et autres qui me donnent de temps à autres des infos et des choses à mettre sur le blog, mais aussi sur le site ou je bosse avec Angelica : Ed Speleers France ainsi que sur les forums Ed Speleers France et Ed Speleers Official

Ce bl
og est très différent par ce que je suis si on peut dire écrivain, j'aime écrire et je souhaiterai être publiée pour mon roman, que je viens de finir et que je relis, corrige et met en forme définitive.
Donc
j'ai avant ça écrit plusieurs petites choses, mes rêves tout d'abord, des poêmes, mais ce n'est pas ce que je fais de mieux^^
Alors je me suis lancée dans la fan fiction, et j'avoue que la première fois, c'est pas forcément motivant. On doit reprendre l'histoire d'un autre et en faire sa propre histoire.
Mais j
e me suis finalement amusée à écrire une histoire personnelle en intégrant un personnage complètement nouveau mais dans le monde d'Eragon, avec ce que je savais du personnage et de son histoire et j'ai pondu un roman, je vous assure, une fic de presque 400 pages word !

Je v
ous présente donc sur ce blog ma fan fic, vous la liser, vous l'apprécier, ou pas, mais s'il vous plaît laissez des commentaires. Peu importe ce que vous direz, je les lis et j'y répond toujours.

Merc
i et bonne lecture donc

# Posté le jeudi 06 novembre 2008 03:36

Modifié le jeudi 06 novembre 2008 04:14

Sanya & Eragon - Chapitre 1 - Rencontre

Sanya & Eragon - Chapitre 1 - Rencontre
1
RENCONTRE




Eragon arpentait les rues d'Aberon. Il revenait tout juste de quitter Ellesméra. La demande de Nasuada lui était parvenue quelques jours plus tôt. Elle désirait lui parler d'un projet qu'elle avait mis en place avec l'appui du roi Orrin. Les renseignements qui leur étaient parvenus n'étaient toujours pas étoffés, mais ils devenaient alarmant. Les troupes de Galbatorix grandissaient toujours et tous les animaux qui pouvaient être réquisitionné, l'avaient été.
C'était une belle journée. Le soleil brillait haut dans le ciel de la grande cité. Aucun nuage ne venait assombrir un ciel couleur pastel, d'un bleu si clair qu'il en aurait presque été blanc.
Il n'y avait pas beaucoup de monde dans les rues. La chaleur n'était pas pourtant pas encore assez intense pour cloîtrer tout le monde dans la fraîcheur des habitations.
Les rumeurs allaient bon train. Les gens n'osaient pas quitter l'abri de leur maison. Seuls quelques courageux marchaient dans la rue, mais pressait visiblement le pas pour ne pas rester trop longtemps dehors. La peur se lisait sur les traits des visages. Les rares soldats qui marchaient en formation serrée se faisaient de plus en plus rares.
Mais pour cette fois peut-être, l'arrivé de cet homme qui marchait d'un pas léger les faisait fuir. Quoi qu'il en soit, personne ne l'approcha de près et l'un des passants fit même un écart pour ne pas croiser son chemin.

Sanya était une jeune fille élégante, avec la grâce, et surtout la beauté, d'une princesse. Elle portait les cheveux courts et châtains, sur un visage fin, les pommettes légèrement saillantes et une peau de nacre. Elle n'était pourtant pas bien grande, mais elle était plutôt fine et élancée. Elle portait de surcroît des tenues coquettes. Elle ne voulait pas paraître trop pauvre, mais pas non plus afficher un statut qu'elle se refusait de porter. Elle voulait simplement demeurer féminine et agréable à regarder. Elle était avant tout une femme qui cherchait à plaire à la clientèle, même si elle ne cherchait pas de réconfort auprès de ce type d'hommes. Cette jeune femme était en effet plutôt prisée.
Son regard azur fuyait toujours ceux des nombreux hommes d'ici, ou de passage, qui essayaient de la courtiser lors de leur passage dans la taverne qu'elle tenait. Elle ne les trouvait pas très attirants. Elle les connaissait presque tous. Elle n'avait jamais trouvé en eux le trait de caractère qu'elle recherchait vraiment chez celui qui serait susceptible de convenir. Et elle ne tenait pas non plus à s'enticher d'un soldat ou d'un ivrogne qui venait traîner ici pour la courtiser ou trouver du réconfort auprès d'autres femmes de la ville.
Le « Cerf Blanc » était le nom cet établissement. Il était entièrement construit en bois. L'odeur y était d'ailleurs très présente. De nombreuses tables, elles aussi en bois, trônaient dans une salle à la décoration pauvre. Quelques peintures rudimentaires de victuailles et de repas festifs ornaient les murs entièrement vides de tapisseries. L'endroit était ainsi plus chaleureux. Une cheminée se tenait dans le fond de la salle, au milieu d'un mur ornée d'une énorme tête de cerf et de deux grandes fourches croisées. L'escalier, à la gauche, en entrant, grimpait vers l'unique étage de l'établissement. Il y avait quelques chambres pour les voyageurs. Elles étaient inoccupées. Elles ne servaient plus depuis longtemps, mais Sanya continuait de les entretenir dans l'éventualité d'un usage quelconque et prochain.
Sanya évitait donc de regarder les hommes ou les jeunes garçons pour ne pas souffrir de ce harcèlement permanent de la gente masculine. Elle ne souhaitait pas encore se lier à quelqu'un. Elle voyait pourtant autour d'elle les autres jeunes femmes flirter ou se faire courtiser pour enfin se fiancer ou se marier. Ce n'était pas son cas. Elle voulait se réserver pour l'homme qu'elle s'imaginait tout autre que ceux qui fréquentaient son auberge. Elle voulait être libre de choisir celui qui obtiendrait ses faveurs. N'ayant pas de parents pour la guider, elle faisait ainsi confiance à son instinct qui ne la trompait presque jamais.
Son instinct cette fois, ne lui serait pas d'un grand secours. Pas face à son c½ur qui allait parler. Le jeune homme qui entrait attira son regard, sans qu'elle ne puisse vraiment s'expliquer pourquoi. Il avait l'air vraiment différent. Il ne se conduisait en rien comme les autres hommes. Il paraissait de haute lignée – il n'y avait qu'à en juger par ses vêtements – et il se tenait droit et fier. Il avait vraiment beaucoup d'allure. Elle regardait ces beaux vêtements. Elle se disait qu'elle n'aurait jamais pu s'offrir de tels vêtements.
Il paraissait jeune. Il avait une peau lisse et qui avait l'air soyeuse. Il avait un visage fin et pur, un peu comme celui d'un enfant. Il n'avait vraiment pas l'apparence des autres garçons ou des autres hommes qu'elle avait pu rencontrer. Il était plutôt grand. Il avait une bonne carrure aussi. Il portait de magnifiques cheveux bouclés en bataille et un regard intense, profond, celui qui lit en vous, celui que vous sentez alors et auquel vous ne pouvez rien dissimuler.
Le garçon s'approcha doucement. Le c½ur de Sanya palpitait malgré elle. Que lui arrivait-il ? Elle n'avait jamais ressenti ce sentiment, avant. Elle ne maîtrisait plus son c½ur qui se mettait à battre plus fort encore à l'approche du jeune homme au plus près d'elle. Elle contenait au mieux ses paroles pour ne pas lui laisser paraître la moindre émotion :
- Bonjour à toi, étranger, dit-elle, la voix légèrement tremblante.
- Bonjour à toi, répondait-il.
Leurs deux regards se croisèrent et la jeune fille se sentit rougir. Elle baissa les yeux, gênée. Le jeune homme sentit cette gêne et lui releva le visage du bout des doigts en disant :
- T'aurais-je blessée ?
- Non... non ! Excuse-moi, je n'aurais pas dû réagir ainsi, je suis vraiment navrée.
Elle osa enfin relever les yeux sur lui, mais ses joues étaient encore brûlantes. Elle se contenait avec beaucoup de difficulté. Son regard était troublant. Il la regardait dans les yeux et continuait :
- Tu m'as appelé étranger ! Serais-tu ici depuis peu ?
- Oui. Je viens de Gil'ead où j'ai fui l'arrivée de l'Empire et de ses soldats malveillants.
La jeune femme serra les poings en pensant à ses lâches de soldats qui avait massacré toute sa famille qui avait alors refusé de se plier aux exigences de ceux-ci. Elle s'était cachée d'eux dans une minuscule remisse et les avait regardé faire sans pouvoir réagir. Elle avait alors errer dans la rue, regardant les cadavres disséminés un peu partout. Elle avait alors une dizaine d'année. Un marchand de passage avait recueilli la jeune fille qui avait ensuite marchandée pour enfin atterrir dans cette auberge, recueillie alors par un homme peut-être pas très courageux, mais généreux.
Les larmes lui venaient à l'évocation de ses souvenirs si douloureux et l'une d'elle s'écoula sur sa joue. Le garçon posa doucement une main sur sa joue pour effacer celle-ci :
- Je comprends ce que tu ressens. J'ai moi aussi perdu des gens proches de moi à cause de l'Empire, y compris celle que j'aimais... Je connais aussi Gil'ead, j'y ai séjourné un certain temps...
Le jeune garçon se rappelait à son tour avec amertume son emprisonnement dans la cité alors commandée par l'Ombre qui le maintenait prisonnier.
La jeune fille ne voulut pas se complaire dans des souvenirs douloureux plus longtemps et revenait à un autre sujet :
- Tu avais l'air étonné que je te nomme étranger, pourquoi donc ? Je n'ai pas le plaisir d'avoir déjà vu ton visage. Je me souviens en général des visages, et je suis certaine de ne jamais avoir croisé le tien auparavant.
- Peu importe, ça n'est pas important. Je venais me désaltérer. Qu'as-tu à offrir ?
- Nous avons une bière de fort bonne qualité, ainsi qu'un Hydromel de premier choix.
- Va pour la bière !
Sanya alla chercher la commande du jeune homme. Elle repensait à ses paroles. Il ne voulait visiblement pas parler de lui. Il avait pourtant éveillé la curiosité de la jeune femme qui parut déçue de ne pas en apprendre davantage sur lui. Elle lui rapporta rapidement sa commande.
Elle regagnait ensuite l'arrière du comptoir en restant intriguée. Elle pensait sans cesse à ce nouveau venu et le regardait de temps à autre en prenant soin de ne pas être vue de lui lorsqu'elle croisait par inadvertance son regard.
Elle s'étonnait du changement d'ambiance dans l'auberge. Les gens qui d'ordinaire parlaient à haute voix ou riaient sans se soucier des gens aux alentours, murmuraient maintenant. Comme si la présence du jeune homme était indésirable, leur faisait peur ou les impressionnait.
La jeune fille ne chercha pourtant pas à savoir pourquoi son arrivée avait rendu tout le monde si silencieux. Elle continuait de regarder dans sa direction par moments en essuyant quelques verres et en nettoyant le comptoir.
Le garçon avala sa bière, seul, assis à l'une des plus petites tables. Il paya et salua Sanya avant de quitter les lieux.
La jeune femme fut un peu chagrinée de le voir partir déjà. Elle lui renvoya toutefois son salut avant qu'il ne quitte définitivement l'auberge.
Le plus vieux des paysans, un homme replet, avec des plis sous le menton et une barbe grisonnante mal entretenue, des yeux porcins très clair et gris et des cheveux gris mal coiffé et sales, se mit à parler. Assis au fond de l'auberge, il se tourna vers la jeune femme et lui demanda alors :
- N'as-tu jamais entendu parler de cette homme ?
- Non.
- Tu devrais ! C'est le Tueur d'Ombre ! Le nouveau Dragonnier !
La jeune fille fut stupéfaite, mais ne montra pas spécialement de réaction. Elle avait bien sûr entendu parler du célèbre Tueur d'Ombre, mais ne connaissant pas son visage, elle n'aurait jamais pu l'identifier.
Son étonnement passa bien vite et un sourire remplaça sa surprise sans même qu'elle ne s'en rende compte : « un Dragonnier ! » Voilà qui expliquait la tenue.
Elle comprenait maintenant l'attitude du jeune homme et le fait qu'il ne veuille pas parler de lui. Elle connaissait plus ou moins son histoire. On racontait qu'il était un garçon de ferme avant de devenir un Dragonnier. Elle écoutait volontiers toutes ces histoires qu'elle trouvait si intéressantes. En se les remémorant, une question, pourtant, lui brûla les lèvres et elle ne résista pas :
- Mais, dis-moi, il paraît que les Dragonniers peuvent lire dans votre esprit. Est-ce vrai ?
- Ce sont des manipulateurs, dit le vieillard, prends surtout garde de ne pas le froisser, il paraît ravager ton esprit.
- Ne sois pas stupide, Slovan ! dit alors le jeune homme assis en face du vieillard.
C'était un garçon blond et filiforme. Il était tout aussi mal coiffé, avec des cheveux plus longs et raides. Il avait des yeux du même gris. Il poursuivait :
- Tu ne sais rien de lui, et même s'il peut lire dans ton esprit, il ne ferait pas une chose pareille ! Ce n'est pas un Ombre ! Il ne fait pas cela pour te détruire ou pour te nuire. Il le fait pour se protéger, pour connaître tes intentions.
La jeune femme écoutait les deux hommes se disputer au sujet de cette capacité du Dragonnier à lire dans l'esprit. Elle ne les écoutait plus et restait rêveuse, perdue dans ses pensées : « Pourvu qu'il ne se soit pas rendu compte de ce que je pouvais ressentir. » Elle rosit et sourit. « Il est vraiment très beau. »
Elle avait du mal à s'imaginer qu'un jour, ce si charmant jeune homme ait pu être un garçon de ferme ! Il était si différent des fermiers et elle les connaissait presque tous dans les environs. Ils se ressemblaient toujours. Cela paraissait peu probable et pourtant... Il avait tant d'allure, tant de personnalité. Il ne ressemblait vraiment pas à un fermier.
Une foule de questions s'amoncelait dans sa tête et elle mourait d'envie de tout savoir de lui, maintenant. Une autre question lui vint à l'esprit. Elle fit volte face et demanda :
- Mais porte-t-il un autre nom que Tueur d'Ombre ?
- Oui, il porte le nom du premier Dragonnier.
- Et quel est-il ?
- Eragon !
Elle se répéta ce nom qu'elle ne connaissait pas. Elle le répéta ainsi plusieurs fois dans sa tête. Ce nom lui plaisait beaucoup. Il ne quittait désormais plus son esprit. Elle se le répéta encore et encore. Elle revoyait ainsi ce jeune visage si beau. Elle se le remémorait avec beaucoup d'émotion.

# Posté le jeudi 06 novembre 2008 04:10

Sanya & Eragon - Chapitre 2 - Hosptalité

Sanya & Eragon - Chapitre 2 - Hosptalité
2
HOSPITALITE




Chaque jour, le même rituel, une fois que le dernier client ait quitté les lieux, après la fermeture de l'auberge, Sanya prenait soin de fermer les portes de l'établissement. Elle prenait son panier et filait tout droit au marché. Mais cette fois, elle était toujours hantée par cette vision, ce visage et ce nom qu'elle aimait de plus en plus prononcer.
Elle voulait acheter quelques fruits, quelques légumes et quelques herbes pour sa cuisine. Elle n'avait pas besoin de beaucoup de chose. Son garde-manger était déjà plein de victuailles. Elle les servait aux voyageurs. Mais elle avait des goûts plus simples que ceux qui venaient se restaurer à son auberge, mangeant des plats souvent très riches, trop riches. Elle ne mangeait pas de repas aussi copieux. La plupart des paysans ou voyageurs qui se restauraient chez elle venaient pourtant pour sa cuisine, elle était réputée être la meilleurs de la cité.
C'était le moment de la journée qu'elle préférait pour flâner sur le marché. Le matin, il y avait toujours beaucoup de monde et elle ne voulait pas se mêler à la foule. Elle préférait être au calme pour choisir ces produits. Elle prenait ainsi le temps qu'il lui fallait sans être pressée par un quelconque marchand ou passant. Elle n'aimait pas être bousculée.
« Eragon » pensait-elle encore. Ce nom la hantait vraiment. Elle ne pensait plus qu'à lui. Ce visage ne quittait plus ses pensées. Elle revoyait ce regard intense qui la regardait. « Mais que m'arrive-t-il ? Je ne l'ai vu que quelques minutes ! » se dit-elle. Son c½ur s'accélérait malgré elle. Elle savait ce qui se passait. Elle ne voulait pourtant y croire. « Mais pourquoi lui ? » Il l'avait touché, l'avait rendue rêveuse, elle s'émerveillait alors d'avoir fait une telle rencontre. Elle aurait tellement voulu le revoir, juste un instant, pour admirer encore son visage et ce regard si pénétrant.
Sanya était maintenant distraite. Elle était perdue aux milieu de ses pensées. Elle ne remarqua pas le jeune garçon qui s'avançait vers elle. Elle était définitivement perdue dans ses rêves et elle le percuta.
Elle se sortit brusquement de ses rêveries et sentit ses provisions lui échapper et tomber. Ça n'est qu'en relevant la tête qu'elle réalisait :
- Oh ! Je suis... désolée ! disait-elle, encore sous le choc.
Une expression de surprise la saisissait. Elle faisait face à l'homme qui l'avait hanté toute la journée. Elle blêmit en le réalisant, puis elle rougit de nouveau. Elle sentit son c½ur s'emballer et une sensation intense prit son estomac. Elle sentit une vague glacée glisser en elle. Elle ne pouvait contrôler cette émotion nouvelle et intense qui l'envahissait.
Eragon s'accroupit pour l'aider à ramasser les produits éparpillés sur le sol. Elle restait silencieuse et fuyait son regard de peur qu'il ne découvre ce qu'elle ressentait. Il paraissait pourtant inquiet et dit alors pour se rassurer et pour rassurer la jeune fille :
- Ça n'est pas grave ! Est-ce que tout va bien ?
- Oui... Je crois.
Sanya sentait son c½ur sur le point de céder. Elle contrôlait difficilement sa respiration qui devenait légèrement saccadée. Elle repensait inévitablement à ce que lui avait dit Slovan et Gellioth dans la taverne. « S'il peut lire mes pensées... » Elle essaya alors de paraître la plus naturelle possible, mais ses émotions trahissaient ses gestes et ses paroles pour les quelques mots qu'elle put dire. Elle bredouillait quelques mots et ses gestes étaient un peu confus. Le jeune homme ne paraissait s'être rendu compte de rien. Il sourit pourtant :
- Je ne voulais pas te mettre mal à l'aise ! J'en suis profondément désolé.
« Il sait », se disait-elle.
Elle essayait de changer d'expression, mais elle savait malgré elle qu'il s'était rendu compte de quelque chose. Elle tenta malgré tout d'engager la conversation pour reprendre doucement possession de ses moyens.
- On m'a appris que tu étais Eragon, le Tueur d'Ombre.
- Je me doutais que quelqu'un te parlerait de moi. Je me réjouissais que tu ne saches pas qui je suis.
- Tu as éveillé ma curiosité !
- C'était loin d'être volontaire.
Sanya sentit que le garçon était un peu gêné. Il tendit les victuailles à la jeune femme qui les reprit avec un sourire :
- Merci.
Ils marchèrent un moment ensemble, en silence. Eragon demanda enfin :
- Connaîtrais-tu une taverne ou un autre endroit de ce genre ouvert après le coucher du soleil ? Je désirerais boire et manger.
- Plus personne n'ouvre après le coucher du soleil depuis les différents massacres et pillages perpétrés par les Urgals ou les espions. Il a été instauré un couvre-feu et personne n'est assez stupide pour l'enfreindre. Les gens ont trop peur de ce qui pourrait leur arriver !
- Bien, je te remercie. Je me débrouillerai alors. Je trouverais peut-être ce que je cherche au campement, après tout.
Le jeune homme la remerciait encore et s'éloignait déjà. La jeune femme regrettait presque ses paroles. Elle ne voulait pas le faire fuir. Elle était heureuse d'avoir eu la chance de le rencontrer encore. Elle ne voulait paraître impolie, mais elle mourait d'envie de lui offrir l'hospitalité, seulement, le courage lui manquait pour lui parler de son désir. Elle le regardait un moment et le laissait s'éloigner sans un mot. Puis elle ressentit une irrésistible envie de l'appeler, mais elle se retint. Elle eut soudain l'audace de dire à haute voix :
- Je pourrais te cuisiner quelque chose... peut-être... si tu veux.
Elle réalisait ce qu'elle venait de faire et elle espérait seulement ne rien faire paraître de son malaise. Sa voix n'avait pas tremblé et elle paraissait plus naturelle, maintenant. Le garçon se retourna alors et lui sourit, visiblement ravi :
- Avec joie.
Il fit demi-tour et fit quelques pas jusqu'à Sanya. La jeune femme sourit. Elle était heureuse d'avoir eu l'audace de lui proposer de l'aider. Il tendit le bras pour lui prendre son panier. Elle le lui donna sans hésiter et ils marchèrent ainsi l'un près de l'autre jusqu'à l'auberge.
Sanya repensait à ce qu'elle venait de faire et souriait malgré elle. Elle ouvrit ensuite la porte de l'auberge et fit entrer son invité. Ils pénétrèrent dans l'immense salle devenue sombre, froide et silencieuse. Ensuite, Sanya prit soin de refermer la porte à clé.
Eragon s'avançait dans l'immense salle et attendait que la jeune fille l'invitât à la suivre :
- Suis-moi.
Elle l'entraîna à travers l'immense salle déserte. Ils passèrent devant le comptoir pour atteindre une porte qui jouxtait le bar gigantesque, une petite porte à peine visible. Ils descendirent deux petites marches de pierre et entrèrent dans une cuisine immense. Elle était tout en longueur et en pierres foncées. Il y régnait une fraîcheur saisissante par rapport à la chaleur des lieux, partout ailleurs.
Eragon s'assit à la petite table de bois clair qui faisait face à une porte-fenêtre assez étroite étant donné la taille de la pièce. Il observait les lieux. Une batterie complète de casseroles et de poêles pendait au mur, au-dessus d'un poil à bois gigantesque, en fonte, sur la droite. Des couteaux étaient suspendus juste en dessous de la batterie. Sur le mur de gauche, rien, que de la pierre jusqu'à la porte, au fond. Il tournait son regard vers Sanya et demanda :
- Est-ce que tu sers seule ?
- Oui. Il n'y a plus beaucoup de monde qui vient ici depuis les différentes lois entrées en vigueur.
- Et tu n'as pas peur de ce qui pourrait t'arriver ? Beaucoup de marchands et paysans sont morts à cause des espions infiltrés au Surda.
- Bien sûr que si. Mais j'essaye de ne pas céder à la peur. Je me dois de rester. On m'a accueilli ici et offert cet emploi. Quand le propriétaire des lieux a fui, j'ai voulu continuer. J'étais ainsi sûre de ne pas finir dans la rue où j'aurais été une proie facile.
- Je comprends.
Eragon le savait pour avoir entendu parler des différentes agressions survenus ici même, au Surda, à Aberon. Lorsqu'il en entendait parler, pendant les réunions du Conseil, des agressions qui se faisaient de plus en plus nombreuses, il pensait inévitablement à ce qu'il avait vécu. Il avait cependant du mal à s'imaginer une femme seule tenir tête à des voyous, des brigands, pire, des pillards. Alors quand on savait de quoi étaient capables les Urgals ou même les Ra'zacs, Eragon paraissait surpris qu'elle reste seule. Il regardait la jeune femme d'un air compatissent. Il savait combien il était difficile de se retrouver seul et de faire sa vie ainsi seul.
Les deux jeunes gens restèrent un moment silencieux, perdus dans leurs souvenirs et dans leurs pensées. Leurs regards se croisaient de temps à autre. Sanya avait désormais moins peur de parler à cet homme qui la mettait si mal à l'aise un peu plus tôt.
Elle voulait maintenant en apprendre un peu plus. Il fallait toutefois se restaurer et elle remit à plus tard les questions qui se bousculaient encore une fois dans sa tête. Elle laissa passer un silence et demanda enfin à Eragon :
- Que veux-tu boire ?
- Ta bière est excellente, à ce qu'il paraît ! dit-il avec un sourire.
La jeune femme lui rendit son sourire :
- Et que souhaiteras-tu dîner ?
- Je ne mange pas de viande. Mis à part ça, ce qu'il te plaira.
- Très bien.
La jeune femme ne s'étonna pas du fait qu'Eragon ne mangeait pas de viande. Elle avait servi tellement de gens étranges durant son séjour dans cette auberge qu'elle ne paraissait même pas surprise par cette remarque.
Elle alla chercher quelques produits dans le garde-manger, passant la porte, au fond de la cuisine, et revint pour préparer donc un ragoût de légumes. Elle alla derrière le bar pour chercher un pichet de vin, et un autre, de bière. Elle sortit également une tarte aux myrtilles. Ils mangèrent, attablé l'un en face de l'autre. Sanya se réjouissait de le voir manger avec appétit.
La jeune femme était heureuse de passer un peu de temps avec Eragon. Elle le trouvait vraiment charmant et fascinant. Il était poli et écoutait avec attention. La jeune femme profita donc de cette décontraction et commença à le questionner. Elle voulait partager avec lui un moment de paroles et d'échanges.
Ils parlèrent ainsi longuement. Ils échangèrent des souvenirs d'enfance, ainsi que d'autres souvenirs, heureux ou douloureux. Ils avaient plus en commun qu'elle n'aurait pu l'imaginer.
Elle découvrit que la plupart des histoires à son sujet étaient vraies. Il avait réellement été fermier. Elle avait toutefois remarqué que son apparence était assez différente et Eragon lui avait alors confié qu'il était désormais à moitié elfe. Tout ceci la fascinait et elle écoutait avec beaucoup d'attention ce que lui confiait le garçon.
Ils avaient vécus beaucoup de choses communes et avaient tous deux perdus des gens très proches pour avoir eu l'audace d'affronter l'Empire, volontairement ou non. Elle détestait autant que lui cette tension et cette Empire.
La nuit était tombée depuis longtemps. Eragon se sentait las et Sanya commençait à bâiller. Il sentait qu'il fallait prendre congé. Il se leva donc en disant :
- Il faut aller dormir.
- Tu ne devrais pas rentrer seul durant la nuit. Même pour un Dragonnier, les dangers sont partout, surtout la nuit. Il y a de nombreuses chambres ici, elles ne servent plus à personne depuis le couvre-feu. Tu pourrais t'y reposer. Elle sont propres. Je continue de les tenir ainsi en espérant pouvoir les voir occupées à nouveau un jour.
- C'est peut-être plus prudent, en effet. Il me faut juste prévenir quelqu'un, ça ne prendra qu'une minute.
- Mais...
Sanya s'interrompit et le regarda. Il resta silencieux un moment, immobile. Elle croyait à un malaise ou quelque chose dans ce genre. Mais l'instant suivant, Eragon dit :
- Le message est passé. Veux-tu me montrer ma chambre ?
Elle ne parut pas vraiment rassurée, mais ne posa pas de questions. Pourtant, ce n'était pas l'envie qui lui en manquait. Elle dit simplement :
- Bien sûr, suis-moi.
Sanya alluma une petite lampe à huile et Eragon la suivit à travers l'autre pièce. Ils montèrent l'escalier jusqu'à l'étage, passant devant Eragon pour lui montrer le chemin. Elle commençait à gravir les marches en essayant de ne rien penser de ce qu'elle avait vu un peu plus tôt. Ce fut pourtant plus fort qu'elle, elle ralentit le pas et attendit qu'Eragon se porte à son niveau pour lui parler :
- Je sais que je ne devrais pas être si curieuse, mais je suppose que tu ne vis pas seul. Enfin... je veux dire qu'un Dragonnier possède un dragon.
- Posséder est un grand mot. Je suis unis un dragon, c'est vrai, c'est plus un partage qu'une possession... Et c'est en fait une dragonne !
- Excuse-moi encore, je voudrais savoir, est-ce à elle que tu as envoyé ce message ?
- Oui. J'étais sûr que tu me poserais la question. Nous communiquons par la pensée.
- C'est ce qu'il m'avait semblé. Mais pourquoi n'est-elle pas avec toi ?
- Difficile de se balader en ville avec un dragon !
- Oui, bien sûr... Désolée... Si tu le souhaites, elle pourrait dormir dans la grange, elle est immense et je pense qu'elle aurait assez de place.
- C'est gentil à toi, mais ce ne sera pas utile.
- En fait, je sais que c'est impoli, mais si je t'ai proposé cela... c'est que... enfin... j'aurais aimé...
- Tu aurais aimé la voir, c'est ça ?
- Oui. J'ai beaucoup entendu parler des dragons et j'étais... enfin je sais que je ne devrais pas... mais je suis intriguée.
Sanya était un peu honteuse et baissa les yeux sur ses chaussures. Elle regrettait un peu cette curiosité, mais elle avait entendu parler de ces magnifiques bêtes et le désir d'en rencontrer enfin une était le plus fort. Elle n'avait su résister. Elle ne pouvait pas passer à côté de cette formidable opportunité.
Eragon poursuivit :
- Elle me rejoindra demain. Je te la présenterai si tu le souhaites. Mais es-tu sûre de ne pas avoir peur d'elle ?
- Je ne sais pas. Mais je veux essayer. Je sais que je ne devrais pas être aussi curieuse. Je m'en excuse. Mais j'ai toujours rêvé de voir une de ces créatures.
- Elle est bien plus que cela. Elle est... une conscience...
- Je ne connais rien des dragons, excuse-moi si mes propos ne sont pas justes.
- Ce n'est rien. Je comprends. Elle te plaira sûrement, conclut enfin Eragon en souriant.
Sanya souhaita enfin une bonne nuit à Eragon qui remercia Sanya. Il entra dans la chambre et disparut derrière la porte qu'il referma sans bruit.

# Posté le vendredi 14 novembre 2008 18:39

Sanya & Eragon - Chapitre 3 - Frayeur et Emotions

Sanya & Eragon - Chapitre 3 - Frayeur et Emotions
3
FRAYEUR ET EMOTIONS




Sanya descendit lentement les marches, encore pensive, jusqu'au rez-de-chaussée. Elle sourit, le c½ur battant. « Un dragon, je vais enfin voir un dragon ! » Le rêve devenait enfin réalité. Toutes ces histoires lui plaisaient tant. Elle n'aurait pourtant jamais pensé avoir l'opportunité de rencontrer une des ces gigantesques créatures, même dans ses rêves les plus fous.
Arrivée en bas, elle s'avançait vers sa chambre, encore perdue par cette pensée. Elle s'arrêta rapidement et se sortit de ses pensées. Elle resta un moment immobile, alertée par un bruit. Elle attendit un moment et regarda autour d'elle, très lentement, pour regarder la pièce en détail et s'assurer que rien n'avait changé de place ou pour apercevoir quelque chose qui ne serait pas comme d'habitude : une lumière, un objet...
Au même instant, à l'étage, Eragon rouvrit les yeux, lui aussi alerté, mais par une présence. Il percevait un faible battement en plus de celui de Sanya, plus net. Une respiration l'alerta, elle ne lui était pas étrangère.
Il se redressa dans son lit et se concentra sur les alentours. Il fermait les yeux et se plongea, comme lors des exercices enseignés par Oromis en état de concentration. Il percevait clairement la présence de la jeune femme. Et cette autre présence se faisait plus nette maintenant, et surtout plus proche.
Il sortit rapidement du lit et sans bruit. Il s'empara de son épée. Il ouvrit très doucement la porte et quitta la pièce sans un bruit. Il avança lentement dans le couloir et rejoignit l'escalier. Il descendait les marches une à une, toujours lentement et en silence.
Sanya, quant à elle, avançait lentement vers la porte d'entrée, le c½ur battant. Elle prit la poignée et le loquet dans chacune de ses mains. Elle était surprise de s'apercevoir que la porte n'était pas verrouillée. Quelqu'un était ici !
Elle sentit un vent de panique courir en elle. Elle resta immobile un moment. Elle se tourna ensuite doucement, sentant une présence derrière elle. Elle fut stupéfaite et écarquilla de grands yeux quand elle fit face à un Urgal. Elle hurla.
Eragon arrivait enfin en bas des escaliers. Il vit la scène et ne se posa pas la moindre question. Pour surprendre l'intrus, il courut vers Sanya en criant :
- Baisse-toi !
La jeune femme s'exécuta sans se poser la moindre question, elle non plus, et se laissant tomber au sol, accroupie au plus bas qu'elle put. L'Urgal grogna sans vraiment comprendre ce qui se passait.
Eragon faisait maintenant face à la créature aussi haute que lui. Il prit l'épée à deux mains et fit un geste de côté, un geste circulaire. Il trancha ainsi la tête de l'Urgal. Celle-ci roula sur le sol et le corps s'effondra dans une fracas monstrueux.
Sanya plaqua une main tremblante sur sa bouche pour ne pas crier. Elle était maintenant assise par terre. Elle avait les yeux pleins de larmes et elle sentait ses membres se mettre à trembler à leur tour et de manière incontrôlable. Elle glissait sa tête dans ses mains et se mit à sangloter.
Eragon l'aida à se relever et se plaça devant elle. Elle se colla à lui en regardant du coin de l'½il, s'agrippant à sa tunique, qu'elle tenait fermement et hoquetant. Il inspecta les lieux, Sanya sur ses talons, cachée derrière lui, toujours agrippée à sa tunique. Il n'y avait personne.
Eragon se tourna enfin vers Sanya :
- Est-ce que ça va ?
Sanya ne put dire un mot. Elle tremblait de tous ses membres et elle se remit à pleurer. Elle faillit s'écrouler. Eragon la retint et l'approcha de lui pour la serrer contre lui. Il dut lâcher Zar'roc qui tomba sur le sol dans un bruit métallique pour pouvoir l'étreindre de ses deux bras. La jeune fille continuait de pleurer et de trembler.
Elle sanglotait à chaudes larmes, déversant la somme de toutes ses frayeurs. Eragon essayait de la calmer du mieux qu'il pouvait en caressant ses cheveux et en lui parlant :
- C'est fini. Il n'y a plus rien à craindre.
Un grand bruit fit cependant sursauter la jeune femme qui releva la tête et poussa un cri. Eragon lui expliqua :
- Calme-toi ! Ce n'est que Saphira.
- Saphira ? dit-elle, perdue, en hoquetant.
- Ma dragonne !
Eragon attendit que Sanya desserre son étreinte pour s'éloigner enfin et ramasser Zar'roc. Il s'avança vers la cuisine et sortit dans la grande cour par la porte fenêtre de la pièce. Sanya le suivait à la trace. Tenant fermement son bras, encore tremblante.
La dragonne expliqua :
« J'ai senti ce qui s'est passé, mais il m'a fallu du temps pour arriver jusqu'à toi. »
Saphira regardait Eragon qui émergeait enfin de la cuisine :
« Merci... Tout va bien maintenant... Je te présente Sanya. »
« Bonjour, Sanya. »
Eragon transmit le salut à la jeune femme. Sanya oublia presque ce qui venait de se passer et relâcha doucement son emprise sur le bras d'Eragon. Elle parut ébahie. Elle regarda la dragonne sans ciller, les yeux grands ouverts. Elle ne réalisait pas vraiment la chance qu'elle avait enfin de faire face à son plus grand rêve.
Elle lui fit face un moment, en silence, bouche bée. Elle reprit enfin contenance et demanda à Eragon de lui renvoyer son salut.
Elles se contemplèrent l'une et l'autre un moment encore. La dragonne abaissa lentement son cou pour observer la jeune fille. Celle-ci ne paraissait pas effrayée par l'approche de la dragonne, mais plutôt curieuse.
Sanya se tourna alors vers Eragon :
- Est-ce que je pourrais la toucher ?
- Demande-le lui, je te dirais ce qu'elle te répondra.
Sanya fit de nouveau face à la créature. Elle hésita un moment. Elle réalisait qu'elle parlait à une créature intelligente, avec une conscience. Elle lui posa donc la question elle-même. Elle attendit ensuite qu'Eragon lui révèle la réponse :
- Elle accepte que tu la touches. Approche-toi.
Sanya s'avança doucement vers la dragonne qui baissa encore un peu la tête vers elle. Elle s'était couchée et les deux êtres se retrouvaient presque nez à nez.
Sanya s'arrêta à quelques centimètres de Saphira et tendit la main. Saphira approcha son museau et la main de Sanya se posa enfin sur celui-ci. Le contact avec le museau de la dragonne était surprenant. Les écailles glissaient sous ses doigts, mais pas comme sur les écailles d'un serpent. C'était plus lisse et moins visqueux. Saphira ronronnait doucement et Sanya sentait vibrer les écailles sous sa main. Elle souriait, heureuse d'avoir eu la chance de faire cette rencontre extraordinaire.

Il était temps de prendre du repos. Eragon avait tout d'abord fait disparaître le corps sans vie de l'Urgal en l'enterrant dans la cour. Il avait ensuite aidé Sanya à boucler l'auberge solidement. La jeune femme gagna sa chambre après avoir souhaité une bonne nuit à Eragon.
Saphira – sur invitation de Sanya – allait dormir dans la grange. La jeune femme regarda la dragonne disparaître par les immenses portes de bois abîmées.
Eragon prenait la direction de l'étage. Un n½ud serra l'estomac de Sanya. Elle courut vérifier une fois encore la porte. Eragon sentit la peur encore présente chez la jeune femme. Elle revoyait la scène qui avait eu lieu un peu plus tôt sous ses yeux apeurés. La frayeur était en effet encore bien présente.
Eragon n'avait pas rejoint tout à fait la chambre. Il se ravisa et redescendit à la rencontre de la jeune femme :
- Il vaudrait mieux que je dorme en bas. Peut-être devrais-je m'installer dans la grange avec Saphira.
- Non... non. Je ne peux pas te forcer à faire ça. Je dois être forte et faire face à ma peur.
Mais elle ne paraissait pas convaincue par ses propres paroles. Eragon ne l'était pas davantage :
- Je pense que je ne suis pas étranger à cette attaque. Après tout, l'Empire me recherche et veut ma tête. Je pense que tout endroit où je me trouve peut servir de cible. C'est pour cela que je reste prudent et ne fréquente que les endroits où il m'est utile d'aller. Je ne révèle en plus jamais mon identité. Je préfère rester anonyme.
- Je comprends.
- Mais je ressens ta peur. Je serais plus apte à agir en étant dans la grange, Saphira près de moi.
La jeune femme se sentait, elle aussi, coupable de forcer Eragon à devoir renoncer au confort d'une chambre et d'un bon lit pour celle plus relative de la grange. Cela n'avait pourtant pas l'air de déranger le garçon. Il monta ainsi chercher ses affaires et la couverture que Sanya lui avait autoriser à prendre pour rejoindre la grange où s'était déjà installée Saphira.
Sanya alla enfin se coucher, à peine rassurée et honteuse de devoir imposer à Eragon l'obligation de se réfugier dans une grange pour y passer la nuit.

to be continued...

# Posté le mardi 09 décembre 2008 17:54

Sanya & Eragon - Chapitre 4 - Exil

Sanya & Eragon - Chapitre 4 - Exil
4
EXIL




Elle trouva difficilement le sommeil. Ses rêves étaient confus et mouvementés. Elle pensait encore au fait qu'Eragon soit obligé de dormir dans la grange, se sentant coupable de ce qui était arrivé plus tôt. Elle se réveilla plusieurs fois dans la nuit et ne retrouvait le sommeil qu'après plusieurs minutes passées à tenter de se rassurer.

Sanya ouvrit enfin les yeux, réveillée par les premiers rayons du soleil. Elle se redressait et quittait lentement la chaleur de son lit pour se diriger vers la bassine posée sur la coiffeuse. Un coup d'½il dans le miroir l'effraya. Elle n'aima pas le reflet qu'elle y trouva. Elle avait mauvaise mine. Elle avait des cernes sous les yeux et ceux-ci étaient rougis par les larmes de la veille.
Elle se passa tout d'abord de l'eau fraîche sur le visage. Cela la réveilla. L'eau lui glissa dans le cou avant qu'elle se sèche et elle eut un frisson. Elle alla ensuite à la cuisine pour faire chauffer un peu d'eau pour qu'elle puisse faire sa toilette. Ensuite, elle se coiffa.
Elle sourit en relevant la tête. Au travers de la fenêtre toute proche, elle voyait Eragon émerger de la grange, suivit de près par Saphira.
Sanya enfila très vite une tenue plus confortable que la veille. Elle laissait sa jolie toilette pour une tunique et un pantalon de toile épaisse. Elle ne devait pas servir aujourd'hui. Elle serait ainsi plus à l'aise.
Elle alla jusqu'à la cuisine et ouvrit à la hâte la porte pour laisser entrer Eragon. Elle l'invita à s'asseoir.
Elle lui proposa tout d'abord de l'eau chaude, s'il voulait se laver. Il ne refusa pas et rejoignit la chambre de la jeune femme pour y faire sa toilette sur son invitation.
Pendant ce temps là, la jeune femme prépara le petit déjeuner conformément au régime du Dragonnier, se rappelant qu'il ne mangeait pas de viande. Elle eut une pensée pour Saphira. Lorsque le Dragonnier refit son apparition, les cheveux encore humide, elle dit :
- Je suppose que les dragons se nourrissent de viande.
- Oui. Ils chassent.
- Mais aimerait-elle quelque chose à manger ?
- Demandons lui.
Eragon posa la question à son amie et transmit la réponse :
- Elle ne voit aucun inconvénient à ce que tu lui offres ce que tu as.
La jeune femme parut heureuse et sortit donc pour s'approcher doucement de Saphira. Elle déposa de la viande crue devant ses pattes avants et lui souhaita un bon appétit. La dragonne la remercia par le biais d'Eragon et mangea. La jeune femme sourit, heureuse de faire plaisir à cette bête qu'elle trouvait fascinante et vraiment magnifique. Elle allait faire la remarque à Eragon, mais celui-ci la devança :
- Elle t'apprécie aussi... Beaucoup.
Sanya ne savait bien sûr pas tout ce dont était capable Eragon. Elle se rappelait la capacité à lire dans les pensées, mais elle ne le réalisait pas vraiment. Elle le regardait sans un mot. Puis elle se décida enfin à lui parler :
- Je ne sais rien des Dragonniers, mais il me semble que vous ayez des capacités qui m'échappent.
- Tu ne dois pas avoir peur de ces capacités. Je ne voulais tout simplement pas te faire peur avec tout ça et j'ai donc volontairement omis de t'en parler.
Ils entendirent frapper à la porte. Leurs deux têtes s'étaient instinctivement tournées en même temps. Sanya se dirigea vers l'entrée pour ouvrir.
Deux soldats se tenaient devant l'entrée. Ils venaient s'entretenir avec la jeune femme. C'était au tour de son auberge de faire les frais de la loi martiale qui régissait la ville et le pays depuis le danger que représentait l'Empire et les Urgals sur les habitants.
Nombres d'hommes et de femmes, ainsi que leurs enfants, avaient déjà quittés la ville pour trouver des cieux meilleurs. Sanya était une des rares personnes à n'avoir pas voulu partir malgré tout. Ici ou ailleurs, elle pensait que le danger était le même. Les soldats étaient présents ici, c'était la seule différence. Parce que malgré cela, personne, y compris elle-même, ne se sentait vraiment hors de danger.
Eragon était resté hors de vue, près de la petite porte, à côté du bar, et il avait écouté avec intérêt les dires des soldats. Il repensait à l'incident de la veille. Eragon regagnait sa place avant que la jeune femme ne revienne. Lorsque Sanya refit son apparition, elle avait triste mine. Eragon savait exactement ce qui se passait. Elle devait fermer son auberge, définitivement ! Eragon en semblait vraiment peiné. La jeune femme se demandait bien ce qu'elle allait devenir. Eragon se sentait un peu fautif, même si cela n'avait pas vraiment à voir avec l'incident de la veille. Il voulait trouver une solution. Il réfléchissait très vite, cherchant une idée qui redonnerait le sourire à la jeune femme.
Il avait beau retourner le problème dans sa tête, il ne voyait qu'une solution, lui proposer asile et la conduire sous protection. Il s'était entretenu tout d'abord avec Saphira pour qu'elle l'aide à trouver une solution. Elle paraissait d'accord avec le fait qu'ils devaient lui venir en aide comme elle était venue en aide à Eragon. Elle trouvait en fait l'idée d'Eragon très bonne.
Il proposa donc son idée à la jeune femme. Elle l'écoutait avec attention, les yeux fixés sur les siens. Il lui fallut tout de même un moment avant de répondre, le temps d'enregistrer ses paroles, le temps pour elle de les assimiler.
Elle fit rapidement le pour et le contre, retournant mainte fois les paroles d'Eragon dans sa tête. Il lui fallait tout quitter pour refaire sa vie ailleurs, tout recommencer, encore une fois. L'idée lui parut tout d'abord folle. Mais plus elle y réfléchissait, plus elle savait qu'elle n'avait plus vraiment le choix. Sa réponse ne surprit pas le Dragonnier quand elle la lui fit connaître :
- Je crois que je préfère encore vivre en exil que de rester ici, ruinée et exposée aux dangers de la rue. Je m'en remets à toi.
- Tu as raison de me faire confiance. Je prendrai soin de toi, jusqu'à ce que tu sois en lieu sûr, sous bonne garde, promit-il.
Le jeune homme était heureux de voir qu'elle lui faisait confiance. La jeune femme, elle, se réjouissait de passer du temps avec Eragon. Elle souhaitait se rapprocher de lui, apprendre à connaître ce garçon plein de surprise et c'était l'occasion rêvée.
Un sourire timide s'affichait sur les lèvres de Sanya. Elle oubliait qu'Eragon ressentait certaines de ses pensées. Eragon ne montra toutefois aucune réaction.
Il devait maintenant organiser leur départ. Il fallait savoir où conduire vraiment la jeune femme pour qu'elle soit réellement en sûreté.

# Posté le lundi 29 décembre 2008 04:26